thoracotomie

petite encyclopédie de l'urgence

Comment sont réalisées les illustrations du site ?

crayon de bois arbreIl n’aura échappé à personne qu’en haut de chaque article il y a une petite image format timbre poste, qui est sensée représenter globalement le sujet de l’article. C’est un dessin ou une peinture numérique (hormis 3-4 articles news où il s’agit d’un photomontage à l’humour déplorable).

Dessins en noir et blanc

Technique au graphite

Quand j’ai commencé à faire le site je disposais déjà d’un stock de dessins au graphite assez conséquent, il devait déjà y en avoir une centaine. Aujourd’hui il doit y en avoir 450, rien que pour des illustrations médicales ou anatomiques (sans compter les dessins sommaires pour la lecture de la radiographie thoracique et de l’ECG). Auxquelles ont peut ajouter une poignée de dessins non médicaux mais qui pourront quand même être utilisés en illustration comme Linda Blair dans L’exorciste pour les vomissements.

Au début évidemment, j’ai fait des croquis au crayon graphite parce que c’est le plus simple et c’est ce que je maîtrise le mieux. J’ai testé un peu dans ma jeunesse (…) l’aquarelle, le fusain et surtout le pastel (jamais l’huile), et pour le premier ça n’a pas été une franche réussite, pour le second/troisième ça s’apparente beaucoup au graphite et c’est donc moins difficile en apparence même si c’est très volatile. La fixation par spray a tendance a ternir l’image donc c’est un peu frustrant.

L’idée était aussi de fournir une illustration comme dans les vieux livres, et donc le réalisme n’était pas forcément la priorité. Néanmoins puisqu’il y avait à chaque fois un modèle, une vraie photo, il fallait que ça ressemble quand même.

Le processus est très simple :

grille Dürer

  • pour les tous premiers, aucune grille, juste de l’évaluation à l’oeil et au crayon
  • assez vite construction d’un quadrillage de référence, avec l’équivalent sur la photographie de référence via le logiciel GIMP sur Mac, en grille de Dürer*
  • croquis au graphite HB pas trop appuyé et correction à la gomme mie de pain (qui évite de laisser des déchets de gomme dégueulasses)
  • l’image est scannée au cas où, puis je reprend le croquis en effaçant la grille
  • le dessin est travaillé en apposant les valeurs sombres toujours au HB, il est rare que j’utilise beaucoup de valeurs de graphite (j’en ai du 2B jusqu’au 9B mais ça donne souvent un côté sale)
  • l’image est scannée à nouveau, puis j’estompe au coton tige mais surtout aux doigts les valeurs tonales
  • sur les premiers dessins je faisais l’erreur de marquer très fort les contours de l’image et de dessiner quand même des valeurs ce qui s’oppose et donne une image bizarre, comme on me l’a fait remarquer j’ai fini par être beaucoup plus doux sur les contours qui s’affichent ainsi comme une prolongation de la valeur tonale adjacente. C’est à dire que si la partie de l’objet est en pleine lumière il n’y a quasiment pas de bordure, le blanc de l’objet est en continuité avec le blanc du fond
  • la dernière phase est une phase de retouche minutieuse, de petits détails, en accentuant les valeurs sombres et en gommant pour marquer des rehauts de lumière
  • l’image est encore scannée puis travaillée dans GIMP, de différentes façons, souvent en désaturant l’image (le papier que j’utilise est souvent légèrement jaune et je reviens sur un noir et blanc classique), en serrant les niveaux de lumière/obscurité. Les dessins sont en général assez pâles vu que c’est du HB, il faut donc travailler le contraste dans un logiciel. Il faut aussi gommer virtuellement les petits défauts
  • pour l’insertion dans les articles, je dois réellement gommer les bordures de l’image pour qu’elle se fonde bien dans le blanc du fond de l’article et ne pas avoir une bordure carrée grise pas très jolie

*  = Albrecht Dürer (1471-1528), peintre allemand avait mis au point un système permettant de gérer les problèmes de proportions. Sa grille était un verre quadrillé entouré d’un cadre disposé entre lui et le modèle. Il reproduisait sur le papier cette grille en faisant varier la taille du côté si besoin. Sur la gravure qui le représente on voit aussi un repère placé devant ses yeux pour conserver le même point de fuite.

Exemples de dessins en noir et blanc

Plaie de la paume de la main (2008)

plaie palmaire 1 plaie palmaire 2 plaie palmaire 3

Autre exemple sur l’hématome des parties molles (2009)

hematome parties molles1 hematome parties molles2hematome parties molles 3

Ce qui est amusant c’est de constater qu’en fonction de la catégorie dans laquelle je range mes fichiers images, il y a plus ou moins d’illustrations en couleur ou noir & blanc :

  • en traumatologie, et en techniques il y a beaucoup plus d’illustrations noir et blanc que couleur, c’est logique c’est dans ces domaines que j’ai fait le plus d’illustrations et depuis plus longtemps
  • en infectiologie et toxicologie c’est mitigé
  • pour la main il n’y a qu’une seule illustration couleur sur les 38, c’est l’érysipéloïde ou rouget du porc, qui n’est pas encore uploadé. C’est aussi dû à la même raison mais le dessin de la main est généralement très flatteur pour l’oeil même au graphite. Les mains, comme les pieds sont le cauchemar du dessinateur débutant, peut être parce qu’elles ont leur identité propre au niveau graphisme et … (mais putain qu’est ce que je raconte …)
  • en chirurgie et encore plus en médecine, les illustrations couleur sont majoritaires et donc plus récentes

lavage phlegmon 1 lavage phlegmon 2 lavage phlegmon 3

Autre exemple sur l’érysipèle des membres (2011) :

erysipèle 1 erysipèle 2 erysipèle 3 erysipèle 4

Il n’y a plus eu de dessin complet au graphite pendant longtemps, j’en refais quelques uns depuis peu, et en dessin au trait sans refaire les valeurs tonales comme pour l’échographie des pneumopathies

echo pneumonie 1 echo pneumonie 2

En couleur

Technique sous Artrage

Je n’ai jamais pensé à les colorier après un premier croquis au graphite, je ne suis pas fan des crayons de couleur non plus. En fait je ne les maîtrise pas. Les crayons aquarellable auraient pu être un intermédiaire intéressant pour faire un lavis, mais par paresse je n’ai jamais vraiment essayé. J’ai toujours aimé les peintures, et techniquement les résultats stupéfiants que les artistes obtiennent avec l’aérographe dans le style hyperréaliste.

J’ai acheté des tablettes graphiques depuis très longtemps déjà, je dois en être à ma 6ème. La première qui traîne encore dans un coin quelque part n’a jamais permis de dessiner, ça a été une grosse déception dès l’utilisation. Même pour écrire ce n’était pas ça non plus. Il y a eu un temps assez long puis je me suis repenché sur ce que faisait Wacom et j’ai acheté une Intuos 3 assez grande. Les premiers tests avant de l’acheter, en magasin étaient intéressants mais une fois à la maison on se rend compte que c’est vraiment difficile. Particulièrement la coordination main-oeil dans le fait qu’on dessine et qu’on regarde le résultat à l’écran et pas sa main. J’ai assez vite laissé tomber …

Encore quelques années après j’ai retenté l’expérience pour une Intuos 4 d’un format plus petit, A4 et que j’ai testé plusieurs fois en magasin et j’ai été assez surpris du bon résultat avec un dessin beaucoup plus fluide. Je l’ai donc acheté et j’ai fait mes premières illustrations couleur avec. La difficulté a été de trouver un logiciel qui permette d’exploiter les capacités de la tablette sans se ruiner. Je sais que beaucoup de gens dessinent ou peignent sur Photoshop mais c’est soit hors de prix, soit en téléchargement illégal et ça me bloquait pour travailler avec. J’ai donc opté pour un compromis avec Artrage sur Mac, qui n’était pas très cher et qui surtout avait des préréglages beaucoup plus intuitifs que d’autres avec un crayon graphite, 2 brosses, un aérographe, un feutre et surtout un outil d’estompe assez puissant et pas juste un « flouteur » comme sur beaucoup de logiciels. Cet outil que j’utilise énormément reste malgré tout en deça d’une vraie estompe ou même du doigt sur un dessin réel, il a tendance à casser l’image en la pulvérisant dans tous les coins avec un aspect floconneux ou au contraire à n’être pas assez puissant et juste faire un flou artistique.

Beaucoup de peintures numériques du site ont été faites avec cette Intuos 4 et je me suis habitué progressivement à cette coordination particulière d’infographiste. J’ai acheté aussi une petite Bamboo pour les voyages et je l’ai utilisé pour certaines illustrations avec un très bon résultat. Le seul problème c’est qu’il faut que la taille de la tablette soit proportionnelle à la taille de l’écran sinon c’est une grosse galère. Donc j’utilisais l’Intuos avec un iMac 27″ et la Bamboo avec un MacBook Air 11″.

J’ai suivi de loin les progrès chez Wacom avec leur gamme Cintiq et ça m’intéressait franchement mais je ne pensais pas que c’était au point pour fournir une tablette-écran d’entrée de gamme. J’ai franchi le pas pour la Cintiq 13 HD il y a quelques années et je ne regrette pas. J’ai même du mal à revenir sur l’Intuos/Bamboo car j’ai retrouvé la sensation de dessiner en surveillant ma main et le stylet. Les seuls reproches qu’on peut lui faire c’est 1/son prix (assez cher quand même, pas abordable pour tout le monde) 2/un petit lag entre la pose de la pointe du stylet et le tracé (mais on s’y habitue) 3/la petite taille de l’écran et son format rectangulaire limite panoramique et l’absence de rotation qui fait qu’on est obligé de beaucoup faire translater l’image sur laquelle on travaille. Ces contraintes on s’y habitue (parce qu’on a pas le choix …) et c’est tout à fait possible de bien travailler avec.

L’autre contrainte qui est liée à ce média mais aussi au travail de la couleur c’est le temps passé sur une illustration. Auparavant j’étais (et je le suis encore) de réaliser un dessin tout à fait utilisable pour le site en 1 heure, et donc j’ai pu faire 3 illustrations monochrome dans la même journée (de congé bien évidemment). Maintenant sur la Cintiq il est devenu difficile de terminer une illustration en une seule journée, et souvent un dessin commencé l’après midi ou le soir va être terminé tard dans la nuit.

Le processus que j’utilise pour les peintures numériques est quasiment toujours le même :

intox paracetamol artrage

  • j’utilise aussi une grille de Dürer virtuelle avec la photographie de référence et je réalise un croquis comme si j’allais faire l’ensemble du dessin au crayon de bois, et je scanne ce croquis avec grille
  • là il faut réduire la taille de l’image puisque le scanner scanne en 200 ou 300 dpi et on obtient vite une image de 4000×3000 (ce qui est infernal à travailler avec Artrage), alors qu’une image de taille équivalente à l’écran suffit (2560×1440). Généralement je fais en sorte que la hauteur de l’image soit de 1440, ce qui fait que les illustrations que j’ai travaillé en mode paysage sont donc plus grandes que les portraits (mais ça ne se voit pas puisque tout est réduit à la fin)
  • j’importe aussi dans le fichier graphique l’image de référence, généralement celle sur laquelle j’ai appliqué la grille et je superpose donc mon croquis et cette référence pour que le quadrillage colle à peu près
  • je réduis l’opacité de la photographie de référence pour visualiser mes erreurs d’appréciation sur mon croquis. Quand j’ai beaucoup de temps, je reprends mon dessin papier et je gomme et corrige les défauts/excès puis je rescanne et je refais ce processus
  • vu que c’est assez long, souvent je gomme directement dans Artrage, enfin plutôt je dessine un calque de mon dessin et je le gomme, puis fais un calque directement depuis la photographie dans les zones où j’ai merdouillé
  • quand j’ai pas envie de passer des heures sur le brouillon, je réalise le croquis directement dans Artrage, en 2 étapes, une en taille normale et une en zoomant parce que la petite taille de la tablette fait qu’on fait pas mal d’erreurs d’appréciation. Il est de toutes façons plus laborieux de dessiner au graphite virtuel sur la tablette qu’en réel
  • quand j’ai vraiment pas le temps, ni l’envie, ou que l’illustration ne me plait pas vraiment mais qu’il faut alimenter le site en image, je fais parfois directement un calque depuis la photographie de référence. Ca pourrait s’apparenter à du décalquage et donc pas du dessin, mais certaines photographies d’ensemble donnent des résultats de toutes façon déplorable au croquis (alors qu’un dessin de main est toujours beau même au crayon de bois) et surtout ça fait gagner un temps fou quand on sait que l’application des couleurs va prendre beaucoup beaucoup de temps
  • C’est injuste également, mais on peut passer des heures à reprendre un dessin parce qu’il n’est pas ressemblant à l’image d’origine, c’est le cas des portraits, et au final être obligé de décalquer les traits les plus significatifs du visage pour que le portrait ressemble un peu.
  • Une fois qu’on a son croquis juste, on peut choisir un fond coloré, basé sur soit une couleur dominante dans l’image de référence soit la couleur de fond s’il est uniforme, généralement c’est un calque à part entière qui contient la couleur
  • puis sur ce calque ou sur un autre, j’applique des grandes valeurs de couleur, généralement avec l’outil feutre en taille maximale avec donc 4 à 5 couleurs de référence de l’image
  • sur le calque suivant je commence à travailler à l’aérographe pointe grande taille pour appliquer des valeurs de couleur plus nuancée
  • je procède ainsi sur 2, 3, 4 voire 5 calques en diminuant la taille de la pointe d’aérographe à chaque calque et en zoomant au fur et à mesure, jusqu’à obtenir un outil de dessin hyper fin (pour le dessin des cheveux par exemple)
  • le dernier calque contient ainsi les détails les plus fins, et les rehauts
  • généralement il y a avant le dernier calque, un calque non pas de dessin mais d’ombrage pour renforcer les zones d’obscurité et de haute lumière en donnant plus de profondeur à l’image
  • le premier calque virtuel de croquis est diminué d’opacité au fur et à mesure du travail et à la fin il est même généralement caché
  • une fois l’image finie, elle est exportée en fichier jpeg et je la reprend dans GIMP en appliquant divers filtres : balance des blancs, normalisation, renforcement du contraste, et en resserrant les niveaux. Le problème d’Artrage c’est souvent qu’il simule une image de fond si vous ne dessinez pas grand chose et avec une trame, ce qui ne donnera pas une image uniforme à la fin. L’autre écueil c’est de ne pas noircir suffisamment toutes les zones sombres sur la tablette et de se retrouver avec une image dans un autre éditeur où une zone d’obscurité est en fait parsemée de coups de crayon noir opaque sur un pseudo noir, et c’est assez moche.
  • une fois que c’est fini, je rééchantillonne l’image en 300×225 … oui je sais on a travaille jusqu’à zoomer en x3 ou x4 en 2560×1440 et on exporte du 300×225 ! Bon la grande image est gardée sur l’ordinateur, Dieu merci, sauvegardée sur un disque dur externe et en copie sur l’iPhone. C’est cette petite image souvent reprise avec un filtre sharpen qui est affichée sur le site

ps: depuis peu je teste la fonction Script d’Artrage qui permet d’enregistrer l’ensemble du processus de dessin tel qu’affiché à l’écran. Malheureusement il bug encore un peu, reprend l’enregistrement alors qu’on l’a mis en pause, ou à sa décharge, on oublie de lever la pause, ce qui en début de peinture, sur la phase des grands aplats de couleur, fout en l’air tout le dessin

Exemples de dessins en couleur

Quelques exemples, (oui je sais j’ai dit couleur et là le 1e exemple est en niveaux de gris), donc au départ en noir et blanc pour les ménisques, image de 2011 :

Ménisque ciseau 1 Ménisque ciseau 2

Pour l’occlusion, sujet qui n’a été exposé que longtemps après la création de l’image. En reprenant le fichier graphique j’ai vu que je n’avais fait que peu de calques, je vous ai mis en 2 l’image seule du dernier calque, en 3 superposée au fond gris de base (un joli résultat assez terreux), et en 4 le résultat final (2012)

occlusion 1 occlusion 2occlusion 3occlusion 4

Autre exemple : chancre (2013) pour lequel j’ai fusionné le croquis et les 1ers applats de couleur :

chancre 1 chancre 2 chancre 3

L’aérographe et le numérique ont l’avantage de bien rendre les matières en particulier le métal, comme pour l’article sur la CPAP de Boussignac (2014). Pour ce dessin par exemple, j’ai clairement décalqué le sujet depuis la photo parce que sinon c’était trop laborieux. J’essaie de ne pas le faire pour les dessins portant sur une partie du corps en gros plan ou un portrait.

vni boussignac 1vni boussignac 2

Et pour cette année 2015, la rupture d’un muscle papillaire utilisée dans le choc cardiogénique

rupture papillaire 1 rupture papillaire 2 rupture papillaire 4

Bien que ça ne soit pas médical de prime abord, on comprend aisément les petits problèmes gastriques de Linda Blair dans L’exorciste, utilisé ici pour le sujet sur les vomissements

exorciste 1exorciste 2 exorciste 4

Voilà vous en savez un peu plus (ou pas si vous n’avez pas lu) sur comment ça se passe ici. Pour ceux qui se poseraient encore la question de savoir s’il y a d’autres genres d’illustrations que le médico-chirurgical, et bien malheureusement non il y en a très peu et en tous cas très peu publiés. Hormis la banane de l’hypokaliémie, le pamplemousse, quelques illustrations non médicales ont été faites mais attendent encore un brouillon digne de ce nom pour être mis en ligne donc pas de spoiler.

N’en demandez pas plus, il n’existe pas d’autre sujets de dessin, c’est un site sérieux ici !

Bettie Vastarel

Enregistrements sous Artrage

J’ouvre (enfin je met en public) une chaîne YouTube où seront diffusés les enregistrements très accélérés des peintures faites sous ArtRage, à partir de la rentrée.

Drainage péricardique

Otite moyenne aiguë

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Cette entrée a été publiée le 11 septembre 2015 par dans Actualités, Avec illustration, et est taguée , , , , , , , , , .