thoracotomie

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Fièvre jaune

fièvre jaune vaccination

vaccination contre la fièvre jaune

C’est une infection virale due au virus amaril, appartenant comme la dengue aux Flavivirus. On a pu lui attribuer d’autres noms comme vomi noir (vomito negro) et peste américaine. Les premières descriptions ont été faites au XVIème siècle au Mexique. Elle est probablement beaucoup plus ancienne.

Transmission

C’est une arbovirose (Chikungunya, West Nile, …), elle est transmise par les moustiques du genre Aedes (et Haemagogus en Amérique). Le réservoir animal du virus comprend des grands singes de forêt. Il existe un cycle moustique-singe-moustique (cycle selvatique), l’homme se contamine accidentellement en s’exposant au vecteur avec l’exploration des forêts tropicales.

La maladie est présente en Afrique et Amérique dans les régions intertropicales, mais il n’y a pas de cas en Asie. L’Amérique du sud est depuis les années 2000 de nouveau touchée, mais c’est l’Afrique qui paie le plus lourd tribut avec 200 000 cas par an et 30 000 décès. Des cas isolés et des épidémies surviennent, elles ont tendance à s’étendre au-delà des forêts et à atteindre les cités, le décor urbain offrant de nombreux gîtes pour les larves de moustiques. Ces cas de transmissions urbaines sont les plus à même d’entrainer des épidémies importantes dans lesquels l’homme devient un réservoir pour le virus.

Les cas observés en Europe entrent dans le cadre des maladies d’importation, surtout chez des touristes non vaccinés qui fréquentent les zones d’endémies.

Symptomes

L’incubation met environ 1 semaine.
Les premiers signes sont une fièvre, un syndrome pseudo-grippal avec frissons, myalgies, céphalées. La distinction clinique avec d’autres viros comme la dengue ou même un paludisme débutant n’est pas possible. Il existe parfois une dissociation du pouls avec la température avec une relative bradycardie.

Dans 15% des cas, l’évolution se fait vers une forme grave. Après 3 jours et une légère rémission, un syndrome hémorragique survient avec vomissements de sang noirâtre, ictère et protéinurie voire insuffisance rénale. Le risque d’évolution fatal est alors extrêmement important dans un tableau de confusion fébrile, de convulsions ou coma en moins de 15 jours. D’autres infections virales sont connues pour leurs formes hémorragiques fébriles à évolution souvent fatale (fièvre Ebola).

Les formes simples guérissent en une 10aine de jours sans la phase toxique précédemment décrite, et laissent une immunité à vie.

Les cas suspects doivent être confirmés par une sérologie. D’autres méthodes plus spécialisées existent pour confirmer le diagnostic par prélèvements biologiques sur les corps.

Traitement

Il n’y a pas de traitement antiviral spécifique. Le traitement est symptômatique et se base sur la réanimation dans les formes graves.

L’OMS essaie d’organiser un accès facile aux laboratoires d’analyse avec un centre de référence pour chaque pays en zone à haut risque. L’identification des cas est fondamentale pour réagir rapidement à la possibilité de propagation d’une épidémie. Pour faciliter la détection des cas suspects, une définition standardisée pourrait être utilisée : «fièvre d’installation brutale suivie d’un ictère dans les 2 semaines, avec manifestations hémorragiques ou issue fatale dans les 3 semaines suivant le début des symptômes».

La lutte contre les moustiques au niveau individuel reste de mise puisque les vecteurs de la fièvre jaune sont aussi des vecteurs d’autres arboviroses.
La lutte collective afin de détruire les gîtes larvaires est importante mais reste difficile du fait du réservoir sylvatique. Elle se réalise surtout en période d’épidémie pour assainir une zone urbaine.
La prévention se base avant tout sur la vaccination.

Vaccin

Le vaccin antiamarile a été développé au début du siècle et a été modifié un peu avant les années 40 pour plus d’inocuité et d’efficacité mais restait thermolabile ce qui diminuait son utilisation dans les pays touchés par l’endémie. Depuis 20 ans, il existe un vaccin thermostable efficace pendant 10 ans (peut être plus), actif dès 1 semaine après l’injection.
Le vaccin à cause de certains effets secondaires n’est pas utilisé chez les enfants de moins de 6 mois. Il n’est administré aux femmes enceintes que dans les contextes de vaccination de masse pendant une épidémie. Il est recommandé à tous les voyageurs se rendant dans une zone à haut risque.
Ce vaccin pourrait servir de modèle pour la création de vaccins contre la dengue, et la fièvre à virus West Nile, pour lesquels aucune vaccination ni traitement n’existent à l’heure actuelle.

Références

Fièvre jaune, Institut Pasteur

Fièvre jaune, Santé gouvernement

Axillary lymphadenopathy on breast MRI – yellow fever vaccination induced

Médias

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Cette entrée a été publiée le 21 août 2012 par dans Infectiologie, Infections virales, et est taguée , , , , , , , .