Luxation antérieure de l’épaule

luxation épaule

luxation gléno-humérale antérieure droite

Généralement suite à une chute sur la main, coude en extension, plutôt qu’un traumatisme direct sur le moignon de l’épaule.
La plus courante est la luxation antérieure dont on décrit des variétés en fonction de la localisation de la tête humérale par rapport à l’apophyse coracoïde de l’omoplate.

 

Suite à ce déplacement la tête humérale ne peut aller bien loin, le bras n’est donc pas raccourci, mais il est totalement impotent, bloqué en abduction, incapable d’effectuer une élévation ou des rotations. Sur les patients maigres, le deltoïde a perdu son galbe, on voit un vide à la place normale de la tête humérale sous l’acromion de l’omoplate, et une saillie vers le muscle pectoral.

Il faut dès ce stade vérifier qu’il n’y a pas de troubles vasculaires jusqu’à la main (ce qui est exceptionnel) et pas de troubles neurologique surtout sensitifs de la région du moignon de l’épaule (ce qui arrive parfois). Une hypoesthésie de cette région traduit une lésion du nerf circonflexe qui cravate l’extrémité supérieure de l’humérus (lésion alors pré-existante ou concomittante du traumatisme, à noter avant de pratiquer la moindre réduction). Il n’y a pas d’ecchymose normalement.
Le type de fracture et les lésions associées sont données par la radiographie de face.

Il y a plusieurs méthodes de réduction qui seront décrites ultérieurement, l’important est d’en connaître au moins deux pour varier en cas d’échec, mais il vaut mieux ne pas s’obstiner, ne jamais réduire en force, source de contracture réflexe chez le patient et de lésions supplémentaires.
On peut réduire sans anesthésie (mais l’analgésie, le calme et une attitude rassurante sont des atouts de poids) dans certaines luxations simples, celles récidivantes (les patients arrivant parfois à se les réduire eux-même, mais par pitié éviter la technique de "L’arme fatale"). Le protoxyde d’azote est utile, mais ne suffit pas toujours, et parfois il n’y a pas d’autre solution que l’anesthésie générale.
On immobilise toujours l’épaule après par une écharpe contre-écharpe pour 45 jours chez le sujet jeune (21 chez le sujet âgé à cause des risques de capsulite rétractile) puis rééducation.
Les luxations récidivantes sont immobilisées moins longtemps mais il faudra prendre un avis orthopédique pour discuter une stabilisation en fonction du nombre de récidives.

La luxation postérieure est un tableau clinique trompeur, bras fixé le long du corps, de petits mouvements de l’épaule sont possibles mais la rotation externe est impossible. On la décrivait comme pouvant compliquer des crises d’épilepsie généralisées. Des radiographies de bonne qualité sont indispensables pour ne pas passer à côté du diagnostic. La réduction est plus délicate que la luxation antérieure, elle se fait généralement sous anesthésie générale. On immobilise sur coussin d’abduction.

Les luxations antérieure et postérieure s’accompagnent souvent d’une encoche traumatique laissées par le bords de la glène de l’omoplate, encoche de Malgaigne dans le 1er cas, de Mac Laughlin dans le 2d.

La luxation erecta est une luxation inférieure, le bras restant fixe élevé en l’air, elle est assez rare, il est parfois nécessaire pour le transport d’essayer de la réduire sur place, par une équipe médicalisée de SMUR.

Les fractures-luxations doivent faire redoubler de prudence dans leur prise en charge. Les fractures de la grande tubérosité (trochiter) ou de la petite (trochin) sont des fractures qui seront fixées après réduction orthopédique de la luxation si le fragment ne se repositionne pas correctement (ce qui risque d’arriver avec le trochiter sur lequel s’insèrent le tendon du muscle sus-épineux).
La fracture au col chirurgical avec luxation de la tête, est une fracture compliquée avant tout, elle se fixe chirurgicalement, mais un gros déplacement de la tête implique une rupture des vaisseaux nourriciers, elle risque d’entrainer une nécrose secondaire osseuse.

Les lésions associées : l’omoplate peut être lésée avec une fracture de l’apophyse coracoïde au cours des luxations antérieures, en général sauf gros déplacement il n’y a pas de geste propre à réaliser. La cavité glénoïde peut être fracturée, ce qui ne se voit pas toujours et est un facteur de risque de récidives.
Après 40 ans on peut voir rupture de coiffe des rotateurs, désinsertion du sous-scapulaire, luxation du chef long du biceps …

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Voir aussi :

Luxation postérieure de l’épaule

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2 Commentaires

  1. Intéressant résumé.
    Nous voyons plusieurs dizaines de luxations antérieures par an dans notre activité de médecins de montagne. Rarement une luxation postérieure. Jamais vu d’érecta pour l’instant.
    Effectivement, la réduction n’est pas toujours facile. Chaque année, on en "rate" 2 ou 3 malgré le protoxyde d’azote, les antalgiques et éventuellement le midazolam.
    Par contre, après réduction d’une luxation antérieure avec fracture associée du tubercule majeur (trochiter) il est exceptionnel que la réduction de la luxation n’entraine pas ipso facto une réduction satisfaisante de la fracture du trochiter (dans notre expérience).
    Merci pour ce rappel et à quand un article sur les techniques de réduction ? nous sommes intéressés.

    Réponse
    • Merci pour votre commentaire. Je n’ai pas l’expérience personnelle de ces fractures associées du trochiter mais de discussion avec des orthopédistes, il me semble bien qu’elle peut gêner la réduction non sanglante (par interposition du tendon du long biceps) ou tout simplement ne pas être parfaitement réduite et éventuellement nécessiter une fixation.
      Pour le sujet sur les réductions, comme pour beaucoup de posts plus thérapeutiques, je les ferai dès que j’ai de bons visuels pour pouvoir illustrer.

      Réponse

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