
virus Ebola en microscopie électronique
Les fièvres hémorragiques sont un vaste ensemble d’infections virales fébriles avec potentiel syndrome hémorragique. Par fièvre hémorragique africaine on entend généralement la fièvre à virus Ebola ou de Lassa, car ce sont elles qui ont le plus marqué les esprits par leur gravité. Elles sont endémiques ou responsables d’épidémies en Afrique centrale, mais on a découvert des viroses similaires en Amérique du sud.
Elles sont dûes à des virus non apparentés : hantavirus (Bunyaviridae), arenavirus (fièvre de Lassa, fièvre hémorragiques d’Argentine, de Bolivie, du Venezuela, du Bresil), filovirus (Ebola, Marburg).
Elles se distinguent des arboviroses (dengue, fièvre jaune, fièvre de la vallée du Rift, fièvre de Congo-Crimée), car la transmission est directe et non par l’intermédiaire d’arthropodes hématophages, ce qui fait toute leur gravité car la transmission est très facile.
Description commune
La contamination primaire se fait par aérosols infectés, à partir des excréments de rongeur, ou au contact de singes infectés. La transmission interhumaine est forte.
L’incubation se fait entre 2 à 21 jours. Une fièvre apparait rapidement avec un syndrome pseudo-grippal et guérit spontanément ou se complique à partir du 5e jour de la maladie de manifestations hémorragiques cutanéo-muqueuses et viscérales. Un rash cutané et une conjonctivite peuvent aussi apparaître à la place des hémorragies.
Les complications avec défaillance multiviscérale peuvent entrainer le décès.
Le diagnostic biologique se fait par des méthodes spécialisées auprès de laboratoires de référence (Institut Pasteur à Paris pour la fièvre de Lassa, laboratoire P4 Jean Mérieux pour Ebola à Lyon) avec des conditions de sécurité maximum.
Les personnes exposées doivent être mises en isolement immédiatement, et le traitement ne peut être à l’heure actuelle que symptomatique dans de nombreux cas. Les arenavirus et hantavirus sont sensibles à la ribavirine.
Les mesures de santé publique passent par des pratiques d’hygiène rigoureuse, la protection du personnel (masque, gants, lunettes, bottes, blouses à usage unique), la désinfection du matériel jetable puis son incinération, des précautions en cas d’autopsie.
Fièvre Ebola
Un des virus les plus pathogènes pour l’homme, il est responsable d’une fièvre hémorragique, mortelle dans plus de la moitié des cas. L’agent pathogène est un Filovirus. En microscopie électronique il présente une forme curieuse, allongée, filamenteuse.
Il semblerait que ce virus soit d’apparition récente. Les cas ont été décrits en Afrique (sauf 1 en laboratoire virologique au Royaume Uni). Les premières épidémies se sont déclarées en 1976 au Soudan et dans l’ex- Zaïre (actuellement Congo-Kinshasa et République démocratique du Congo). Ebola est d’ailleurs le nom d’une rivière du Congo.
D’autres épidémies ont éclaté en 1979, en 1995 et 1996. Récemment (août 2012) on a compté 16 morts en Ouganda et 10 morts en République démocratique du Congo.
Les chauve-souris sont un réservoir pour le virus. Elles contaminent des animaux, peut être directement l’homme.
La maladie affecte aussi les singes. Aux Etats-Unis des cas chez des macaques importés des Philippines se sont déclarés en 1989 et 1990 dans la ville de Reston. La souche virale porte ce nom de Reston et elle est différente des souches Zaïre, Soudan, Gabon et Côte d’Ivoire qui concernaient l’homme. Les personnes s’occupant des macaques ont d’ailleurs développé des anticorps et ne sont pas tombés malade.
Les modes de transmission sont multiples : la transmission initiale se fait au contact d’animaux infectés, et de façon plus anecdotique rurale par le biais de préparations de guérison traditionnelles. Les transmissions interhumaines peuvent se faire de façon directe par contact avec le sang et les sécrétions, et indirecte via du matériel infecté au sein des structures de soins.
L’incubation est variable entre 2 et 21 jours. La fièvre apparait brutalement avec un syndrome général de fatigue, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées, mal de gorge.
Des vomissements apparaissent ensuite, des diarrhées puis se développe une insuffisance rénale et le syndrome hémorragique apparait. La mort survient dans un tableau de défaillance multiviscérale dans 50 à 80 % des cas.
Les examens biologiques peuvent montrer une leucopénie avec lymphopénie, une thrombopénie, une cytolyse hépatique, une protéinurie. Le diagnostic biologique se fait par PCR ou méthode ELISA en laboratoire spécialisé (Lyon).
Il n’y a pas de traitement curatif. Un vaccin vivant atténué a été expérimenté chez le singe et administré une fois avec succès chez l’homme en 2009 chez un chercheur qui s’était accidentellement contaminé. Des essais récents de combinaison d’anticorps ont été utilisés chez le singe avec succès (1).
La prévention collective en cas d’épidémie passe par des mesures de quarantaine particulièrement strictes, l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, une suspension des soins aux malades et des funérailles, la désinfection des huttes des malades voire leur destruction après la mort.
Les recherches en laboratoires doivent se conduire en installations de niveau de sécurité biosécurité 4. Il n’en existe qu’un seul autorisé en Europe.
Ce virus pourrait faire partie de la liste des armes biologiques utilisables dans le cadre du bioterrorisme.
Fièvre de Lassa
Le virus Lassa est endémique en Afrique de l’ouest, il infecte 100 à 300 000 personnes par an (5 à 6000 décès). Il porte le nom de la ville du Nigéria où il a été isolé en 1969 chez une infirmière ayant succombé après avoir prodigué des soins.
La transmission se fait vers l’homme à partir d’un contact avec des excréments de rongeurs, qui forment son réservoir naturel. Le contact peut se faire entre humains par la suite, par contact cutanéo-muqueux via les liquides biologiques infectés.
Le tableau clinique est variable, il peut être asymptomatique ou responsable d’une fièvre hémorragique fatale. L’incubation est de 6 à 12 jours. Après une phase pseudo-grippale, des complications sous forme d’oedèmes, d’hémorragies, d’épanchements pleuraux et péricardique, plus rarement d’encéphalite. L’évolution peut se faire vers une défaillance multiviscérale. Les patients qui survivent peuvent présenter une défervescence thermique 10 jours après le début des symptomes mais une asthénie persiste plusieurs semaines. Des séquelles peuvent être présentes (surdité, myocardite). La fièvre de Lassa chez la femme enceinte est particulièrement grave et souvent mortelle.
La ribavirine a montré une efficacité dans l’infection à virus de Lassa. Elle est difficilement utilisable en zone d’endémie, pour des raisons de disponibilité et elle doit être administrée très tôt.
Des recherches sont en cours pour un vaccin.
Fièvre à virus Marburg
Le virus Marburg est endémique en Afrique de l’ouest, c’est un filovirus assez proche du virus Ebola bien qu’il soit moins létal. Il tire son nom de la ville d’Allemagne où a été faite la première description en 1967 chez des chercheurs de laboratoire.
Les cas d’infection étaient très rares avant 2000.
La transmission nécessite des contacts plus rapprochés que dans les deux descriptions précédentes, de ce fait les épidémies semblent plus localisées.
L’incubation se fait en 3 à 9 jours. La fièvre est suivie de diarrhée, de vomissements, parfois d’un rash cutané. Les signes hémorragiques apparaissent une semaine après le début des symptomes, une atteinte cérébrale est possible. Le risque de décès est alors élevé.
Pour les patients qui survivent, une asthénie persiste plusieurs semaines, et chez l’homme peut apparaitre une orchite, une alopécie.
Il n’y a pas de traitement curatif.
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Sources :
Institut Pasteur, fièvre de Lassa
Virus Marburg et Ebolavirus sur Wikipedia
(1) Successful treatment of ebola virus infected cynomolgus macaques with monoclonal antibodies
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