A la différence de la thoracotomie qui est une intervention chirurgicale avec une longue cicatrice, exposant «à l’air» du bloc opératoire le contenu du thorax, la thoracoscopie est moins invasive.
Les incisions sont de très petites tailles, et vont servir à insérer des trocarts et des optiques. En général 3 à 5 incisions de +/- 1 cm au niveau de plusieurs espaces intercostaux. Le déroulement de l’opération est suivi sur un moniteur vidéo car par l’un des orifices sera introduit un endoscope servant de caméra.
C’est une technique qui est à la chirurgie du thorax, ce que la coelioscopie est à la chirurgie pelvienne et digestive.
Les douleurs après thoracotomie étant souvent importantes, la thoracoscopie trouve un avantage certain par ses plus petites incisions.
Néanmoins elle nécessite un matériel perfectionné et des chirurgiens spécialisés en chirurgie du thorax. Elle n’est pas réalisable dans tous les hôpitaux.
En urgence, elle est difficile à réaliser, mais elle peut servir à contrôler l’état de certaines lésions, en particulier du diaphragme.
Hors urgence, en chirurgie programmée, ses indications s’étendent régulièrement :
- traitement des pleurésies abondantes et enkystées
- exérèse de tumeurs pleurales
- exérèse de tumeurs pulmonaires dans certaines localisations
- réalisation de biopsies pulmonaires non accessibles à l’endoscopie bronchique
- traitement de pneumothorax récidivant, symphyse pleurale
- biopsie d’adénopathies médiastinales
- exérèse de tumeurs du médiastin
Il faut savoir qu’une thoracoscopie peut être interrompue et convertie en thoracotomie plus classique si les manoeuvres du chirurgien sont gênées par des adhérences pleurales, avec notamment des brides qui risquent de saigner, ou en cas de difficultés d’extirpation de certaines tumeurs.
L’anesthésie employée est généralement une anesthésie générale sous ventilation assistée.
En fin d’intervention le chirurgien laisse en place des drains pleuraux, surtout si l’indication chirurgicale était le traitement d’un épanchement liquidien ou aérique. Ces drains sont gardés quelques jours.
Bien qu’étant plus simple qu’une chirurgie classique, les efforts physiques sont déconseillés pendant au moins 15 jours.
Les complications sont moindres qu’en cas de thoracotomie : douleur de la paroi thoracique (surtout aux incisions et au niveau des drains), dyspnée (gêne respiratoire, impression de ne pouvoir respirer amplement), hypoesthésie cutanée (perte de sensibilité au niveau de la paroi thoracique en cas d’irritation d’un nerf intercostal).
Ces signes s’ils sont importants doivent amener à reconsulter, mais la plupart du temps ils sont modestes et régressent en 1 à 3 mois.
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Voir aussi :
médiastinoscopie
sternotomie
surveillance après thoracotomie
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