Gaz du sang

gaz du sang

ponction de l’artère radiale au poignet gauche pour le recueil des "gaz du sang" artériels

Pour le lecteur pressé :

  • Le prélèvement se fait généralement dans l’artère radiale au poignet, il faut comprimer après la ponction
  • Les paramètres les plus étudiés sont l’oxygène, le dioxyde de carbone et l’état acide ou basique du sang
  • Cette ponction doit être demandée avec raison, plutôt que de la multiplier, mieux vaut en demander une seule mais dont le résultat conditionnera un changement potentiel de traitement

Les fameux "gaz du sang" de la formule "NFS, chimio, iono, gaz du sang" de la série Urgences, sont une étude des deux principaux gaz dissous dans le sang via un prélèvement de sang artériel. Le but est d’étudier l’état d’oxygénation du sang ainsi que l’état acido-basique.

La plupart des dosages biologiques se réalisent sur sang veineux (déjà plus simple à réaliser), mais le sang veineux est naturellement pauvre en oxygène et riche en dioxyde de carbone puisqu’il provient des tissus qui ont consommé l’oxygène que le sang leur apportait.
C’est donc le sang artériel qu’il faut prélever pour savoir s’il y a hypoxie ou hypoxémie plutôt, c’est à dire un manque d’oxygène dans le sang acheminé vers les tissus.
A ce dosage est couplée la saturation du sang en oxygène, à normale théorique à 100 % et qui s’abaisse dans les insuffisances respiratoires.
La teneur en dioxyde de carbone subit des variations au cours des insuffisances respiratoires. Elle est attendue élevée, une hypercapnie, quand les mécanismes d’évacuation du CO2 sont dépassés et qu’il s’accumule dans le sang. Mais certaines situations voient au contraire un abaissement, une hypocapnie (embolie pulmonaire par exemple).
L’état acido-basique du sang est étudié via le pH et le taux de bicarbonates (ou réserve alcaline).
Tous ces paramètres permettent de renseigner sur l’état d’acidose ou d’alcalose et l’origine respiratoire ou métabolique.
Enfin les lactates présents dans le sang artériel donnent une indication sur des souffrances tissulaires.

 

La technique habituelle de prélèvement se fait au poignet sur l’artère radiale car elle est aisément palpable et accessible pour le prélèvement. En cas de difficulté, elle peut être réalisée sur l’artère fémorale, mais le risque d’hématome est plus important.
A l’inverse les processus de coronarographie qui utilisaient la voie artérielle fémorale, utilisent maintenant la voie radiale avec des cathéters plus fins.
Un prélèvement de sang non pas artériel mais capillaire au niveau du lobe de l’oreille, est possible mais il est un peu moins fiable (néanmoins il est peu invasif et peut être reproduit).
La ponction se fait aiguille montée sur seringue, avec un angle légèrement oblique entre 30 et 45° afin de ne pas risquer de traverser l’artère. Selon les systèmes, le piston déjà tiré crée une dépression dans la seringue, ou non l’arrivée de sang pulsé par les battements cardiaques faisant directement "monter" le piston. Quelques ml de sang suffisent pour l’analyse gazométrique. Après la ponction, on maintient une compression manuelle quelques minutes, et on laisse un pansement compressif. Chez les patients sous anticoagulants, la ponction n’est pas une contre-indication si les renseignements attendus sont précieux à titre diagnostique.
Dans les syndromes coronariens aigus, même avec dyspnée, on évitera de faire un gaz du sang pour laisser les artères radiales disponibles s’il y a une angioplastie potentielle.

Le principal risque de la ponction d’une artère c’est sa blessure qui entrainerait outre un hématome local, une ischémie des tissus que l’artère irriguait. Avant le prélèvement, il faut réaliser le test d’Allen, son principe est de vérifier que l’artère radiale n’est pas la seule à alimenter la main, et que l’artère cubitale est fonctionnelle (au cas où après la ponction la radiale serait abîmée). Il consiste à comprimer artères radiale et cubitale, faire effectuer des mouvements de piston de la main du patient pour chasser le sang. La main est alors blanche, exsangue, on lève alors la pression sur l’artère cubitale et la main doit se recolorer entièrement. Ceci témoigne d’une bonne communication au niveau des arcades artérielles palmaires. Si la main a des difficultés à se recolorer, cela signifie que l’apport artériel de cette main ne vient quasiment que de l’artère radiale. La ponction et ses conséquences traumatiques sont donc trop risquées.

Car un des problèmes de ce prélèvement est que si sur des artères jeunes de bon calibre, la ponction recueille le sang très rapidement, quand les artères sont grêles et qu’elles "roulent" (comme chez les personnes âgées ou patients piqués très souvent), on a des difficultés de prélèvement.
Dans les cas difficiles, il faut confier le prélèvement a quelqu’un qui en a l’habitude, et surtout éviter de s’acharner, si le sang ne reflue pas dans la seringue afin d’éviter de taillader l’artère.
Le prélèvement est douloureux, si on peut le réaliser après pose d’anesthésique de contact en patch type prilocaïne/lidocaïne, c’est préférable. Le délai d’action d’une heure rend un peu délicat en situation d’urgence mais en cas de détresse respiratoire évidente, on s’attend à trouver une hypoxémie à 55 mm Hg. Ce qui est plus intéressant c’est de disposer d’un résultat de gaz du sang pour connaître l’efficacité d’un traitement de la détresse respiratoire.

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2 Commentaires

  1. Toujours aussi bien expliqué et de façon simple, merci !

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  2. Ca j’ai souvent vu cela quand je travaillais a l’hopital il y a longtemps

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