
Casque de protection sonore à usage militaire
Il s’agit de l’exposition à des sons de volume élevé, violents, le plus souvent par impulsions brèves et ce de façon inhabituelle.
Ils sont fréquents, sont difficiles à prendre en charge et laissent des séquelles définitives.
Le son est une onde, le bruit la propagation d’une onde de pression.
Les lésions touchent l’oreille interne et font partie des otopathies pressionnelles.
Le traumatisme sonore est cependant différent de la lésion de blast au niveau auriculaire (onde de choc), du barotraumatisme (exposition lente), et de la surdité professionnelle (exposition répétée ou continue).
Les lésions intéressent principalement des neurones spécialisés dans la réception auditive au niveau de l’oreille interne qui ne se renouvellent pas.
L’échantillonnage des sons tolérable pour l’oreille humaine se trouve entre 0 et 90 décibels. Entre 90 et 110 décibels, la zone est dangereuse et potentiellement lésionnelle pour l’oreille ceci correspond à des bruits de concert intense.
Au delà de 110 dB, on retrouve des bruits particulièrement violents type tir d’arme à feu et avion à réaction.
Pour l’anecdote le record du concert de rock le plus bruyant a été homologué dans le livre Guiness des records pour un concert des Who, au Charlton Athletic Football Ground, en 1976, mesuré à 126 dB. Il semble probable qu’il ait été battu régulièrement depuis.
Rappelons qu’à ce propos leur leader Pete Townshend souffre depuis très longtemps d’une hypoacousie consécutive selon l’histoire du groupe à une explosion sur scène de la batterie de Keith Moon (qu’il avait truffé d’explosifs pour un effet scénique percutant …).
La gravité des bruits brefs est liée à l’impossibilité de l’adaptation de l’oreille pour «tamponner» le bruit via le réflexe stapédien.
Les signes cliniques comportent une hypoacousie, des acouphènes plutôt aigus, une sensation de plénitude de l’oreille, éventuellement vertiges, céphalées …
L’examen recherche une atteinte du tympan (qui est normal dans ce type de pathologie contrairement aux barotraumatismes), une pathologie antérieure ou associée, et met en évidence la surdité de perception.
Le bilan secondaire sera poursuivi en milieu spécialisé. Les examens complémentaires viseront à éliminer une autre cause de surdité de perception, et envisageront un bilan cardiovasculaire et métabolique.
L’évolution naturelle va vers une récupération mais partielle avec persistance des acouphènes.
Le traitement du traumatisme sonore se base au moment du traumatisme sur la mise au repos de l’oreille interne en éloignant rapidement le patient de la zone bruyante.
Les premiers traitements envisageables sont les corticoïdes et les vasodilatateurs, l’inhalation d’oxygène voire l’oxygénothérapie hyperbare et l’hémodilution.
Au delà de 15 jours les traitements ne permettent plus d’espérer une récupération partielle.
La prévention en amont du traumatisme est donc fondamentale et vise surtout l’individu. Elle est fonction de la situation à risque sonore élevé. En milieu civil, il s’agira d’utiliser des casques ou des bouchons d’oreilles dans les conditions de travail bruyants, l’aménagement des locaux afin de diminuer la source sonore. En milieu militaire un soin sera apporté aux conditions du maniement des armes.
Cet article reprend en grande partie ce document spécialisé en médecine militaire lisible à cette adresse :
http://medecine.univ-lille2.fr/pedagogie/contenu/discipl/med-militaire/traumatismes-sonores.pdf

