
dermabrasion à la région temporo-zygomatique
Le terme dermabrasion regroupe deux situations décrivant la même lésion physique du derme mais d’origine différente.
La dermabrasion traumatique est une lésion aigüe de la peau étendue en surface (et non en profondeur) et ne dépassant pas l’hypoderme (couche inférieure de la peau auquel cas ce ne serait plus une dermabrasion mais une avulsion cutanée).
La dermabrasion chirurgicale est une lésion créée mécaniquement en chirurgie esthétique dans des indications précises (certaines acnées résistantes, rosacée, rhinophyma, …), lésion qu’on guide ensuite par cicatrisation dirigée (elle a tendance à perdre du terrain face aux peelings chimiques et traitements par laser).
En urgence, c’est la première qui va nécessiter une prise en charge mais on peut être amené à rencontrer la seconde notamment en cas de complication.
Contrairement à une plaie superficielle, l’agent vulnérant a blessé la peau de manière tangentielle et non en créant un angle de pénétration comme dans une plaie par arme blanche par exemple. Ce genre de blessures implique donc l’application d’un agent causal avec force mais de manière répartie. C’est même plutôt quand le corps est traîné sur une surface rugueuse qu’on va l’observer. De ce fait les accidents de la route notamment de conducteurs de deux-roues qui glissent sur l’asphalte sont de grands pourvoyeurs de dermabrasions traumatiques.
La ou les lésions sont irrégulières, douloureuses, mettant le derme à nu, saignant légèrement en de multiples points. Elles réalisent un tableau de "brûlure mécanique", sont souvent souillées de différents débris terrestres (voire incrustées de petits corps étrangers).
Elles sont peu dangereuses sur le plan vital ou fonctionnel, mais c’est au niveau esthétique qu’elles posent le plus de problèmes surtout en fonction de leur localisation. Des dermabrasions faciales ou d’autres zones photoexposées poseront un problème si la lésion évolue vers une cicatrice pathologique (avec le risque d’exposition solaire qui altère les cicatrices).
Le soin initial est un lavage à l’eau pour enlever les débris (l’extraction de corps étrangers superficiels sort de ce chapitre) puis une désinfection soigneuse plutôt avec des produits antiseptiques non colorés pour éviter de "tatouer" la blessure.
Les pansements seront faits avec un tulle gras ou équivalents (tulles hydro-colloïdes, de silicones, …) qui adhèrent à la plaie sans coller, et qui peuvent être laissés en place quelques jours sans nécessité de les changer.
En première intention il n’y a pas lieu d’utiliser d’antibiotiques pour prévenir une infection, par contre la vérification de la vaccination antitétanique est systématique (comme pour toute plaie ou brûlure). Comme pour toute plaie les anti-inflammatoires sont à éviter sauf prescription précise.
Une dermabrasion qui semble mal évoluer (infection bactérienne, fongique mais aussi virale type herpès, mauvaise cicatrisation, altération de la pigmentation) peut nécessiter l’avis d’un dermatologue ou d’un plasticien (d’autant plus pour une dermabrasion chirurgicale). Dans ce cas il n’y a pas d’urgence vitale et on a donc le temps de prendre une bonne décision plutôt que de prescrire un traitement à l’aveugle.
Voir aussi :
Sushruta, naissance de la chirurgie plastique en Inde, 600 avant Jesus Christ
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