
palpation du scaphoïde dans la tabatière anatomique
Fracture du scaphoïde carpien
Accident classique et surtout piège diagnostique. On ne voit qu’exceptionnellement des entorses pures du poignet, surtout avec un gros oedème post-traumatique. Il faut rechercher cette fracture tant qu’on a pas d’autre explication à un tableau clinique bruyant et des radiographies normales.
L’os étant très petit il ne peut pas entrainer un saignement important, aussi il n’y aura jamais d’ecchymose et l’oedème peut être à peine perceptible.
La douleur spontanée irradie à tout le poignet, il faut la rechercher à la palpation en des endroits précis : la saillie du tubercule osseux à la face palmaire, la douleur à la pression dans la tabatière anatomique et celle provoquée à la manoeuvre en piston ( on presse sur le pouce dans l’axe du premier métacarpien ce qui écrase la face inférieure du scaphoïde).
Radiologiquement, la fracture peut ne pas être visible avant une dizaine de jours, il faut en cas de doute immobiliser et recontrôler. Les incidences spécifiques ne sont lisibles que bien réalisées et qu’on y a déjà eu affaire (il n’est pas simple d’interpréter des clichés qui ne sont pas les classiques face/profil).
Le traitement est orthopédique par une immobilisation plâtrée longue. En fonction de la position du trait de fracture, elle est considérée comme plus ou moins stable et on peut se permettre de diminuer le temps d’immobilisation ou de ne plâtrer qu’avec une manchette. Mais le traitement classique est un plâtre de type BABP (immobilisant le coude et l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce) pour plusieurs mois. En cas de doute il vaut mieux demander un avis spécialisé quitte à le faire de façon différée.
La mauvaise consolidation et la pseudarthrose sont des complications possibles qui amèneront à une chirurgie secondaire.
Luxation du semi-lunaire
Peu fréquente, mais sérieuse et possible de passer à côté, bien qu’il s’agisse d’une luxation, mais l’os semi-lunaire est suffisamment petit pour que la déformation ne soit pas différenciée d’un oedème traumatique global du poignet.
Les radiographies sont prises en défaut aussi surtout réalisées à la va vite chez un patient qui peut peu mobiliser sa main sur la plaque de radio. Un profil correctement réalisé permet de visualiser la position anormale de l’os véritablement éjecté du complexe articulaire carpien.
Le traitement est toujours chirurgical pour réintégrer le lunatum et le fixer en l’embrochant par deux broches de Kirschner.
Fracture des autres os carpiens
Elles sont assez peu fréquentes, l’apophyse unciforme de l’os crochu peut se fracturer, elle évolue souvent vers la pseudarthrose et la résection du fragment est souvent nécessaire.
La plupart des os peuvent se fracturer et se déplacent peu, un traitement orthopédique est souvent la rêgle. L’évolution vers une arthrose secondaire est possible surtout dans l’axe du pouce.
Disjonction scapho-lunaire
C’est un diagnostic difficile en urgence, la sémiologie radiologique est fine consistant en un diastasis (espace anormal) entre scaphoïde et semi-lunaire. Correspondant à une entorse grave des micro-ligaments inter-carpiens complètement rompus, le traitement sera le plus souvent chirurgical.
Autres entorses du poignet
A proprement parler les entorses du poignet sont finalement assez rares, beaucoup sont des entorses bénignes. Mais tout traumatisme du poignet à radiographie initiale normale et toujours douloureux au delà de 10 jours doit être réévalué. Les entorses avérées avec déchirures de plusieurs ligaments intercarpiens imposent un avis spécialisé pour bilan diagnostic et thérapeutique précis.
Voir aussi :
fracture de l’extrémité inférieure du radius type Pouteau Colles
autres fractures de l’extrémité inférieure du radius
fracture des métacarpiens des doigts longs
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