
nécrose dûe à l’injection de liquide vue tardivement à la base du pouce
C’est une urgence assez rare mais redoutable sur le plan fonctionnel, faisant partie des accidents du travail mais qui peut se voir au niveau domestique dans des travaux de bricolage.
La porte d’entrée est généralement à la main et siège préférentiellement sur la pulpe de l’index gauche chez un droitier (manoeuvre de vérification si le pistolet d’injection est bouché ou non).
Au mécanisme traumatique s’ajoute un effet d’ischémie par contusion des vaisseaux digitaux, un effet caustique lié à la nature du produit et un effet septique par contamination directe de la plaie.
Les produits injectés sont nombreux : graisses, huiles et lubrifiants qui provoquent à eux seuls une nécrose du tissu cellulaire sous-cutané ; peintures et diluants responsables d’ischémie sévère ; air comprimé et eau (karcher) qui n’ont pas de toxicité propre mais pour lesquels la pression d’injection est souvent très importante.
Initialement la présentation est faussement rassurante, peu bruyante, retrouvant un orifice punctiforme qui saigne peu et d’où s’écoule encore parfois du produit.
Secondairement l’inflammation va devenir plus patente, et la douleur prendre un aspect de pseudo panaris ou phlegmon. La mobilisation du rayon atteint mais aussi des voisins devient difficile.
Il s’associe une fièvre, et parfois des complications générales (hémolyse avec la térébenthine, néphropathie avec le white spirit).
L’injection d’air comprimé peut être responsable de décollements sous-cutanés diffus jusqu’à la racine du bras.
Le traitement est chirurgical sous anesthésie loco-régionale voire générale par excision de la porte d’entrée, débridement du trajet et nettoyage soigneux. En général on ne ferme pas la plaie initiale et on la laisse en cicatrisation dirigée, on referme lâchement les incisions secondaires.
Une antibiothérapie, vérification de vaccination anti-tétanique est systématique, les anti-inflammatoires n’ont vraisemblablement pas de place pour réduire l’inflammation.
La couverture se fera de façon définitive par greffe ou lambeau dans un second temps.
Parfois, il n’y a pas d’autres choix que de réaliser une amputation devant l’importance des lésions.
Les séquelles sont fréquentes, elles dépendent de la précocité d’intervention (idéalement avant 6 heures), l’injection dans la pulpe est plus grave que dans une commissure, elles dépendent de la pression, de la quantité et de la nature du produit injecté.
La rééducation doit être entreprise très précocément en post-opératoire pour éviter les raideurs.
Voir aussi en Pathologie de la main :
Plaie palmaire simple
Mallet finger
Ring finger
Panaris unguéal
Fracture du scaphoïde et des os du carpe
Fracture des métacarpiens des doigts longs

