
turgescence de la veine jugulaire externe à droite, témoin d’insuffisance cardiaque droite ou globale
C’est la décompensation d’une insuffisance de la fonction cardiaque, qui se manifeste sous la forme d’une insuffisance respiratoire aigüe ou d’un état de choc.
La majeure partie des insuffisances cardiaques aigües est dûe à la maladie coronarienne par dépôts d’athérome dans les artères du coeur (syndromes coronariens aigus anciennement classés entre angine de poitrine instable et infarctus).
Mais de nombreuses maladies cardiaques avancées peuvent décompenser pour un facteur déclenchant peu important (surcharge sodée alimentaire, mauvaise prise de médicaments de l’insuffisance cardiaque). La survenue de troubles du rythme, ou d’une poussée d’hypertension artérielle favorise aussi l’épisode aigu sur coeur déjà fragilisé.
Le vieillissement entraine à lui seul une forme d’insuffisance cardiaque, et la dégénerescence sénile des valves cardiaques favorise les décompensations également.
Le diagnostic est assez stéréotypé dans les décompensations brutales : c’est l’oedème aigu du poumon ou OAP.
C’est une dyspnée c’est à dire une gêne respiratoire importante, avec une toux et au pire l’évacuation de crachats non purulents (sauf si une infection respiratoire est la cause du déclenchement de la crise).
L’insuffisance cardiaque crée une incapacité du coeur à pomper correctement le sang dans les vaisseaux sanguins, et c’est au niveau des vaisseaux pulmonaires que la stagnation fait traverser l’oedème depuis les vaisseaux vers les alvéoles pulmonaires. Le patient se noie de l’intérieur.
Les autres signes cliniques témoignent de cet engorgement de la circulation : turgescence des veines jugulaires au cou, reflux hépato-jugulaire traduisant la stase au niveau du foie, les oedèmes des membres inférieurs sont plus souvent un signe chronique qu’aigu, mais ils témoignent du terrain. La présence d’anomalies des bruits du coeur ou d’un souffle traduit aussi une maladie préexistante.
La décompensation cardiaque peut être vue sous la forme d’un état d’hypotension voire d’un choc cardiogénique.
Il peut être moins évident dans des formes plus frustres voire trompeuses (essoufflement "sifflant" mimant un asthme, dû à une répartition de l’oedème des petites bronches rétrecissant leur diamètre)
Historiquement on a utilisé la saignée comme seul traitement de l’insuffisance cardiaque à la phase aigüe jusqu’encore récemment dans des cas résistants au traitement moderne.
Celui-ci consiste en une "saignée sélective" visant à éliminer l’eau en excès dans le sang (excès relatif comparé aux possibilités de pompage du coeur malade), en faisant appel aux médicaments diurétiques (permettant de faire évacuer cette eau dans les urines).
D’autres médicaments comme les vasodilatateurs veineux à base de dérivés nitrés sont associés, ils diminuent la pression de remplissage du coeur.
L’apport d’oxygène est systématique, a minima par voie nasale, au pire par assistance respiratoire après intubation trachéale. Le développement de ventilation non invasive par masque a permis d’assister le malade par une machine en conservant sa respiration spontanée.
Le traitement du facteur déclenchant et de la maladie sous-jacente est fondamental quand il est possible (revascularisation de l’infarctus, antiarythmiques, antihypertenseurs).
Le traitement du choc cardiogénique fait appel à des médicaments inotropes positifs, c’est à dire stimulant la possibilité de contraction du coeur.
La mortalité et la morbidité restent importantes malgré les progrès constants en cardiologie. L’avenir est à l’évolution de traitements de fonds palliant les défaillances cardiaques (stimulateurs cardiaques, coeur artificiel, cellules souches pour remplacer le myocarde mort ?).
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Voir aussi :
bradycardie – 2 – bloc auriculo-ventriculaire
interprétation d’une radiographie thoracique en urgence – 1 – le médiastin
interprétation d’une radiographie thoracique en urgence – 3 – opacités pulmonaires multiples
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faraboeuf
/ janvier 23, 2011J’aime cette cicatrice de sternotomie qu’il laisse suggérer que le coeur du patient à déjà souffert…
thoracotomie
/ janvier 23, 2011finement observé